Jeudi 1 avril 2010
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"Ce qui est important pour donner vie à un personnage, c'est le regard. Si le regard est vide, le modelage ne vit pas : il reste terre. Mais s'il est expressif, l'oeil va donner à la l'argile
façonnée une toute autre dimension."
Simon est attentif aux détails, au modelé qui changera la face de la sculpture.
Entrer dans son atelier, nouvellement installé à Centrale 7, c'est un moment sensible.
La lumière entre par la fenêtre : éclaire les blocs rouges, noirs, ocres, les bols, les oeufs de terre, le tour de potier.
Cet atelier est, dit-il, idéal : "pas trop grand, j'y serai perdu...pas trop petit, j'y ai du recul sur mes pièces ! pas trop isolé, j'entends les autres du collectif
s'activer derrière le mur. Tranquille, je peux même imaginer y faire un jour de la peinture."
Pourquoi travailler l'argile ?
"C'est rassurant. Il y a un droit à l'erreur, cela met en confiance. Et puis, selon les terres, le toucher est différent. Le contact est direct avec la matière, l'outil premier étant la main. Je
n'aime pas travailler avec des machines."
Un potier peut refaire à l'infini tant que la pièce n'est pas encore cuite et encore détrempable. Elle redevient ainsi pâte, de nouveau apte à être transformée.
Simon a commencé en autodidacte après avoir goûté à la bande dessinée et à la peinture. A force de pièces craquelées, il a cherché à percer les mystères de la cuisson. Pendant un an, il est
allé travailler chez un artisan potier, Pascal Laristan, à Orléans. Des bols, des bols, du tour, des petits formats... il a appris les rudiments
auprès d'un bon tourneur !
Puis, comme la démarche artistique le titillait, la bonne fée Sainte Aragone, patronne des potiers, a mis sur sa route Jean
Couturier, qui se définit lui-même comme "intermittent du feldspath et potier mots dits". Les émaux le mette en émois. Un peu alchimiste, il cherche la couleur qui changera la terre en or.
De rencontres de "glaiseux" en voyages, d'ateliers de céramistes en partages d'expérience, Simon, de retour du Mexique, a posé son petit attirail à Centrale 7 pour y faire chanter l'argile.
La terre est un récepteur d'empreintes, d'impressions. Celles laissées par Simon sont à fleur de peau.