Centrale 7
Ateliers d'artistes
Carreau de Bois II,
49500 Nyoiseau
email : centrale7[at]laposte.net
Tel : 09 62 50 75 73.
Plan d'accès, Comment venir ? : cliquez ici
ouverture au public :
> du 15 Mai 2010 au 1er aout 2010 :
le dimanche : 15h-19h
> Fermeture en Aout
> Ouverture pour les Journées du Patrimoine :
17-18-19 Septembre 2010
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ouvert aux projets artistiques toute l'année !
Démarche
Assemblée générale 2009
et... Le blog Itinerart
Claire
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Kallan Mounes
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2eme épisode de la Série sur l'Art dans
les Friches
Centrale7, une friche rurale
Il y a quelque chose d'un peu surréaliste à voir les chevalements de Bois II, de loin quand on roule en rase campagne,ou sur la 4 voies en direction des grandes villes : Rennes ou Angers. Ces
deux chevalements d'acier et de béton marquent le paysage, ils désignent un endroit, pas seulement un patrimoine industriel d'architecture et de techniques, mais un endroit humain,ce n'est pas un
hasard si l'art et la culture s'y retrouvent.
Nous avons souvent des visiteurs que ces tours ont détournées de leur route et qui s'approchent du lieu... demandant à voir de plus prés.
La friche industrielle transforme un paysage rural, avec un environnement qui est la marque de la ville, c'est aussi social avec la cité des mineurs, ces petites maisons avec jardinet, la
chapelle...tout d'un coup on est sur une autre planète, la planète- vestige de la mine et on ne peut pas en faire abstraction.
Parfois d'anciens mineurs nous rendent visite et nous apprenons l'histoire humaine des locaux où nous travaillons : cette pièce était le bureau du chef , on pouvait en sortir avec huit jours de
soupe , c'est à dire rester à la maison sans être payés.
Maintenant le sourire de Cécile Pavec, notre directrice nous y accueille...
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Wesserling
Un parc avec des usines
Usines textiles à Wesserling en 1900, Imprimerie Alsacienne
Je vais maintenant vous faire part d'une visite sur un autre site, en milieu rural, lui aussi , un des fiefs de l'industrie textile Vosgienne que j'ai visité cet été et qui est en cours de reconversion très avancée On se situe après l'étape de l'abandon et des occupations des artistes qui s'y sont installés pour créer.
Il s'agit d'Husseren Wesserling, un grand parc avec des usines dedans1 .
C'est un vaste complexe où s'échelonnent un quart de millénaire d'industries textiles et de ses vestiges, dans un environnement touristique avec prairies et montagnes. Les ballons d'Alsace ne sont pas loin, château, maison de maitre, grand parc, potager et jardin à la française cohabitent avec les bâtiments industriels et les reconversions successives au fil des siècles suivant les progrès techniques en matière d'énergies, de machines et d'architecture.
Il y a peu de sites en Europe qui proposent un aussi grand échelonnage dans le temps.
C'est une véritable anthologie des façons de bâtir l'usine. Après quelques éradications fatales, destruction de certains bâtiments et cheminées jusqu'aux années quatre vingt, le site été
réinvesti différemment . On y trouve pèle mêle une pépinière d'entreprises, des commerces d'artisanat, des lieux de culture, théâtre,musée du textile, des expositions d' art contemporain . Il
s'agit donc de renaissance en terme d'économie
J'ai eu la surprise de découvrir dans une zone du site, des bâtiments à l'abandon, certains encore debout, d'autres sheds à ciel ouvert, semblent un no man's land ...
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C'était un instant magique, une chance d'assister à ce moment pré rénovation.
On distingue les machines à l'intérieur du bâtiment du tissage , la brillance des bobineaux de soie écrue qui accrochent la lumière au travers des vitres cassées et noircies. Son jumeau la filature, a été rasé en 1983, à la période où on éradiquait complètement les usines, comme c'était souvent la règle jusqu'aux années quatre vingt.
Le tissage 1836
D'autres bâtiments montrent leur carcasse, architecture à ciel ouvert, exposition à l'air libre des matériaux qui serviront à la rénovation, une sorte de « ventre à l'air » de
l'usine.
Restauration des bâtiments
On a choisi de rénover en gardant les volumes et les ouvertures avec des traces des machines à l'intérieur. Cela était nécessaire car les toits s'écroulaient, le fer rouillait présentant un danger pour tous visiteurs. Mais la restauration s'est faite dans un lissage, polissage des matériaux.
On lit certes les volumes mais on s'éloigne de l'humain de la sueur du travail. Un vestige de porche de la filature de 1802 se dresse, lissé de crépi crème, une survivance2 très peaulissée... Et qu'en est-il des étapes intermédiaires, le temps des occupations artistiques sauvages, on lit dans un shed promu à une prochaine démolition, les traces de fresques d'artistes qui un temps s'y sont installés.
Place des artistes
Wesserling développe une orientation culturelle et artistique aussi bien par les bâtiments à vocation culturelle théâtre, musique, que par les événements organisés. Le musée du textile3 en même temps qu'il apporte une connaissance sur les techniques d'impression anciennes et actuelles propose des expositions à des artistes qui sont proches du textile ou de la nature.
Le parc a été réaménagé sur les tracés des jardins à la française, à l'anglaise et le potager propose des essences rares et des plantations sur la composition de dessins textiles.
Dans le parc du château, tous les étés,a lieu un festival des « jardins métissés » dont le thème change chaque année; une dizaine d'artistes choisis proposent une œuvre en
lien avec les techniques de l'industrie textile et la botanique.
Il s'agit pour l'artiste de répondre à une thématique, il est aidé et soutenu pour cette création pour un lieu.
C'est très différent d'une création sur un site dans la proximité et la mémoire encore vivante de la friche.
Ces deux composantes devraient être complémentaires.
Les endroits « touristiques » : musée du textile, et parc étaient très fréquentés lors de ma visite mais le lieux des friches était désert si ce n'est un groupe d'artistes de théâtre
qui occultaient les ouvertures d'une ancienne chaufferie pour un prochain spectacle.
Le friche industrielle est donc encore méconnue du grand public, qui commence à s'y intéresser lorsqu'elle est annoncée comme patrimoine.
Perspectives
les friches industrielles, un patrimoine à préserver
40000 bâtiments sont protégés en France par les monuments historiques, 14000 sont classés et seulement 1400 datent du XXéme siècle4. Les friches occupent de vastes territoires au cœur des villes et sont très convoités, surtout en terme de logements (ce qui casse les volumes à l'intérieur en cloisonnant l'espace) de commerces, des services, de grandes surfaces....
L'architecte Jean Nouvel a déclaré dans le monde du 6 mars 1999 « Boulogne assassine Billancourt » à propos du projet de destruction des ateliers des usines Renault5.
Comment rénover sans effacer, dans le respect des volumes, des matériaux et de l'histoire?
C'est une chance pour nous d'être à la campagne car les sites ont été moins systématiquement rasés et laissés en état, on a pas ce besoin urgent de faire de la place.
Développement durable
Réhabiliter revient économiquement moins cher que de raser, toutes les infrastructures sont déjà présentes, eau, électricité, réseau routier … encore faut il tenir compte des riverains, favoriser
une mémoire et une expression culturelle locale avec apport de l'extérieur. La visite du site de Bois II est présente cette année aux journées du patrimoine.
C'est un devoir que nous avons de transmettre à nos descendants, faire revivre et pas seulement muséifier.
Les ouvriers du site sont les premiers à vouloir que leur usine perdure, mémoire de leur dur labeur et aussi de leurs luttes sociales, et à ce titre ce sont des lieux qui ne méritent pas le
chômage et doivent être réinvestis. Le bois II en fait partie.
Par l'intérêt qu'ils ont eu et ont encore pour ces sites, les artistes, ces travailleurs opiniâtres, amuseurs publics et souvent sponsors de leur propre œuvre, méritent leur place dans les
restaurations nécessaires et dans ces lieux qui les portent à la création.
1Voir l'ouvrage de FLUCK Pierre, FLUCK Apolline, Wesserling, l’Eden du textile, éd. Jérôme Do.Bentzinger Editeur, Colmar, 2008, P. 13.
2Voir à propos de la survivance DIDI-HUBERMANGeorges , Nympha moderna, éd. Gallimard, 2002.
3Musée du textile et Parc de Wesserling 68470 Husseren-Wesserling
4Dans Patrimoine industriel, Emmanuel de Roux, Georges Fessy, éd. Du patrimoine, Scala 2000.
5Dans Patrimoine industriel, Emmanuel de Roux, Georges Fessy, éd. Du patrimoine, Scala 2000.